Alexandre HEBERT, libre-penseur, anarcho-syndicaliste

lundi 1er février 2010
par  LP25.
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Alexandre HEBERT mai 1968

Alexandre Hebert est décédé, samedi 16 janvier, à l’âge de 89 ans.
Engagé dès son plus jeune âge dans les combats du mouvement ouvrier, il occupa durant des décennies des responsabilités syndicales.
C’était un militant lutte des classes.
Un des fondateurs de la CGT-FO.
Un des fondateurs de l’UAS - Union des Anarcho-Syndicalistes
Directeur de publication de l’Anarcho-Syndicaliste.

Homme de tous les combats de la classe ouvrière, combats politiques, syndicaux et laïques ; Alexandre a été et sera toujours pour nous une Référence.

Nous l’apprécions aussi en tant qu’homme et il va nous manquer.


En raison des circonstances une tribune libre est donnée à l’Anarcho-syndicaliste

L’Anarcho-syndicaliste n°145

Alexandre Hébert
Un anarchiste individualiste

Notre camarade est décédé le 16 janvier 2010, à l’âge de 88 ans. L’Union des Anarcho-Syndicaliste lui a rendu hommage lors de ses obsèques le mardi 19 janvier à Nantes.
Voici le texte rédigé par Christophe Bitaud :


Alexandre Hébert était certainement la dernière figure historique du mouvement anarchiste.

Après avoir milité aux « jeunesses socialistes » puis au « Parti Socialiste Ouvrier Paysan », Alexandre rencontra, sur le marché de Sotteville-les-Rouen un homme qui comptera énormément pour lui. Il s’agit de Louis Dubost qui animait un groupe anarchiste à Elboeuf sur Seine. Alexandre rejoignit ce groupe et demeurera anarchiste, ou, comme il aimait à le préciser, UN anarchiste tout au long de sa vie.

Après la guerre, il prit contact avec Louis Louvet et sa compagne Simone Larcher qui publiaient un bulletin intitulé « Ce qu’il faut dire ». A la même époque, il participa au congrès constitutif de la fédération anarchiste.

A Nantes, il rencontra quelques camarades anarchistes tel Géo Vincent qui militait dans les auberges de jeunesse et rejoignit le groupe Francisco Ferrer qui se réunissait au 33 rue Jean Jaurès.

Mais les errements de certains anarchistes par trop éloignés de la classe ouvrière lassèrent rapidement Alexandre. C’est dans ces conditions que, quelques années plus tard, fut fondé à Nantes le groupe Fernand Pelloutier puis, au début des années 60, l’UAS sous l’impulsion de Serge Mahé, Jo Salamero et Alexandre Hébert.

Alexandre était anarchiste individualiste.
Comment, dès lors, caractériser un homme qui se veut individualiste ? Peut-être en citant la « Lettres aux anarchistes » de Fernand Pelloutier qui fut pour Alexandre, une référence constante : « ...Nous sommes en outre ce qu’ils ne sont pas : des révoltés de toutes les heures, des hommes vraiment sans dieu, sans maître, sans patrie, les ennemies irréconciliables de tout despotisme, moral ou matériel, individuel ou collectif, c’est-à-dire des lois des dictateurs (y compris celle du prolétariat) et les amants passionnés de la culture de soi-même... »

Amant passionné de la « culture de soi-même », Alexandre l’était incontestablement. Il avait une vrai passion pour la lecture. C’était un réel plaisir de discuter avec lui de ses auteurs favoris. Il était tout à fait à l’aise pour évoquer la pensée des théoriciens anarchistes, Kropotkine, Bakounine, bien sûr, mais surtout les anarchistes individualistes d’un abord sans doute moins aisé.

Il était intarissable sur l’œuvre d’Han Ryner, Manuel Devaldes, Laurent Tailhade ou encore Max Stirner. Mais sa culture ne s’arrêtait pas là, il était également féru de littérature dite « classique ». Les philosophes des lumières, les grands auteurs lui étaient familiers. Je me souviens qu’il avait une prédilection pour Anatole France et que c’est sur ces conseils que j’ai découvert ce grand écrivain.

Encore une fois, Alexandre se situait dans la tradition de Ferdinand Pelloutier, le père des Bourses du travail qui tenait expressément à une bibliothèque dans chaque Bourse et qui aimait à rappeler que « ce qui manque à l’ouvrier, c’est la science de son malheur ».

Cette volonté de construction de soi-même est certainement à l’origine de l’appartenance maçonnique d’Alexandre. En effet, quels sont les buts de la franc-maçonnerie ?

Pour aller vite, je dirai, de mon point de vue qu’il s’agit essentiellement d’œuvrer au perfectionnement de l’individu par une connaissance intime de soi. Quel individualiste ne souscrirait pas à un tel objectif ? A une telle aventure ?

Alexandre était également libre-penseur. Ennemi irréconciliable de tout despotisme, il se méfiait des transcendances qui, historiquement, en maintenant les hommes dans les ténèbres de l’ignorance ont toujours servi à cautionner le maintien de l’ordre établi, quel que soit l’ordre par ailleurs.

Homme vrai en toutes circonstances, Alexandre, n’ignorait pas que la première des libertés, celle qui détermine toutes les autres, est la liberté de penser. Indéniablement, Alexandre était un anarchiste individualiste digne de ce nom, il était un homme libre.

Alexandre était également un anarcho-syndicaliste. Il avait pleinement conscience de l’importance qu’il y a à préserver l’indépendance de la classe ouvrière, ce qui passe nécessairement par la construction d’un syndicat libre et indépendant. Alexandre n’a eu de cesse toute sa vie durant de lutter contre les multiples tentatives visant à faire du syndicat une institution de l’Etat. Il contribua ainsi à ouvrir les yeux à de nombreux militants sur la véritable nature de l’autogestion, du corporatisme ou du principe de subsidiarité, principe fondateur du « Saint empire romain germanique » que d’aucuns appellent « communauté européenne »..
Entre les tenants de la charte d’Amiens et ceux de la Charte du travail, aucun compromis n’est possible. Il faut choisir son camp, alexandre l’avait choisit il y a longtemps.

Alexandre se méfiait des mythes qui, s’ils peuvent être mobilisateurs n’en demeurent pas moins trompeurs, à commencer par ce qu’il appelait le « mythe de l’unité ». Ce qui lui a permis d’être parmi les militants lucides et courageux qui, après la scission de 1947, créèrent la CGT-FO.

Il faisait sienne cette citation de la « Lettre aux anarchistes », de Ferdinand Pelloutier : « Nous savons l’enthousiasme, un peu puéril, avec lequel a été accueillie cette unité du nombre, à laquelle nous préférons, nous anarchistes, l’unité d’aspiration, mille fois plus puissante ». C’est sans doute pourquoi Alexandre n’a jamais été victime de « l’esprit grégaire ».

Permettez-moi de conclure sur une note personnelle. Il y a maintenant douze années que j’ai rejoint l’UAS. Alexandre ma énormément appris. Parfois, lorsque dans nos débats, il m’arrivait dene pas être d’accord avec lui, l’expérience me démontrait le plus souvent que c’était mon point de vue qui était erroné. Il a contribué à m’ouvrir les yeux sur certaines illusions dont je ne m’étais pas totalement libéré. Il était pour moi un camarade, un Frère, et je crois pouvoir dire un ami. et croyez bien que je m’honore de cette amitié.

Mais Alexandre se méfiait, à juste titre, du culte de la personnalité et le meilleur hommage que nous puissions lui rendre est de nous efforcer de continuer son combat au service de la classe ouvrière pour un syndicalisme libre et indépendant.

Sachons nous montrer digne de son exemple. Continuons la lutte syndicale, défendons les acquis de la classe ouvrière, efforçons-nous de reconquérir ce que l’on nous a volé ces dernières années. C’est par notre militantisme, notre combativité, notre action dans la lutte des classes que nous ferons vivre la mémoire d’Alexandre, anarchiste authentique.

Quelques moments avec Alex

Marc Prévôtel

Bien sûr j’en avais déjà entendu parler, moins de quinze ans après la scission de la CGT sa réputation était déjà sulfureuse, mais nous nous sommes rencontrés pour la première fois en 1961 au congrès de la Fédération Anarchiste à Montluçon. Comme beaucoup d’autres j’ai été frappé par ses yeux bleus.

N’ayant pas de voiture je n’ai pas appartenu à la première UAS, celle de 1960. J’y ai adhéré en 1967 quand il n’y était plus. En septembre 1968 réunion UAS dans une auberge de jeunesse du coté de Clisson. Les adhérents de la région nantaise estimant qu’il avait eu un comportement exemplaire pendant les grèves, il a été décidé de reprendre contact. La délégation de 3 était composée de Serge Mahé, Joachim Salamero et MArc Prévôtel.

Ensuite ce fut le foutoir post soixante-huitard. L’UAS se dissoudra et il y auar création de l’ASRAS (Alliance Syndicaliste Révolutionnaire et Anarcho-Syndicaliste). Le groupe Fernand Pelloutier la quittera en 1972, Jo en 1973 et moi début 74.

Je suis devenu permanent la 1er janvier 1974 et Jo au printemps 75. Nous nous concertions de temps en temps pour discuter du danger qui nous guettait : demeurer en électron libre chacun dans notre coin.
Nous avons pris rendez-vous avec Alexandre à l’occasion du CCN de 1975 à LImoges. La décision y fut prise de reconstituer l’UAS.

L’UAS était effectivement une fraction, mais l’expérience m’a rapidement appris qu’une fraction anarchiste n’avait rien avoir avec une fraction stalinienne, d’après ce que je pensais en savoir par mes lectures. Nous n’étions pas le petit doigt sur la couture du pantalon et nous fonctionnions à peu près comme la fédération anarchiste : nous n’étions pas tenus par une décision prise hors de notre présence, notamment.

Dès le début des années 80 nous nous sommes engagés dans la diffusion de l’Appel aux Laïques - dont l’ami Marc Blondel fut membre du comité national - et la création de la FCDL (Fédération des Cercles de Défenses Laïques). Dans la foulée et malgré Bergeron qui ne s’y est tout de même pas opposé, des militants de la FEN passèrent à la CGTFO.

Alex cultivait une coquetterie : il tenait à se dire agnostique. C’était son droit, sa liberté et il y mettait juste assez d’humour pour titiller les copains, dont le suis, qui, se moquant des bémols d’une “bonne” philosophie, aimaient se déclarer athée.

Et j’ai envie de terminer cette trentaine de lignes par la dernière fois où il donna une interviouve au périodique du FN. Horreur et putréfaction ! de tous les professionnels du don de leçon de maintien. Nous étions tenus d’abjurer sans délais nos liens avec un tel imprécateur qui ridiculise les tabous, cet homme libre. Ayant lu le papier je n’y ai rien trouvé à redire, si nécessaire je l’aurais cosigné, étant plutôt interrssé par le contenu d’un texte que par l’endroit où il paraît.

J’ai tout de même fait un reproche à Alex : “Tu oublies que les cons existent et qu’ils sont majoritaires partout, de l’extrême-droite à l’extrême gauche”. Et quitte à passer pour méprisant pour une bonne partie de nos contemporains, je maintiens ma position fruit de mon expérience : oui les cons existent et ils sont majoritaires partout, de l’extrême-droite à l’extrême gauche. Après tout il ne s’agit que d’une extension du théorème de Deteuf.

Commentaires :
C’est volontairement que je n’explique pas ce qu’est le théorème de Deteuf, c’est pour intriguer. J’y reviendrai dans deux ou trois numéros.

Une grande figure disparaît

Serge Mahé

Un vieux chêne s’est abattu, sans fracas, à rezé, le 16 janvier.
Alexandre Hébert n’est plus.

Un soir de l’hiver 56 nous étions cinq ou six, syndiqué à FO, à la CGT ou à la FEN, à l’attendre place Viarme dans un café tenu par des algériens.
Secrétaire de l’UD FO depuis 48, il revenait de Couëron où faisaient grève les gars du laminoir. Le mot d’ordre était « augmentation uniforme, la même pour tous », sensé unifier les luttes. Pour Alexandre Hébert, c’est la généralisation des grèves qui devait déboucher sur la grève générale plutôt qu’un décret des appareils syndicaux : le contraire des« journées d’action » démobilisatrices infligées en série aujourd’hui.

Le petit groupe que nous formions s’intitulait le C.LA.D.O. (Comité des liaisons et d’actions pour la démocratie ouvrière). Légèrement pompeux pour ce qui concerne les « liaisons » et l’« action », il n’en était pas moins significatif quanq il invoquait la démocratie ouvrière. Le C.L.A.D.O. entendait reprendre entre syndicalistes anarchistes, trotskystes et réformistes le dialogue et l’action commune que les staliniens avaient condamnée. Alexandre se voyait le Bakounine d’une reconstruction de la première internationale.
Ce courant lutte de classe intervient dans les instances de FO et de la FEN contre la guerre d’Algérie, pour le rapatriement du contingent, par conséquent contre le vote PC-PS accordant à Guy Mollet des p« ouvoirs spéciaux » permettant la poursuite de la tuerie. Les camarades défendant les mêmes positions se font virer de la CGT.

Puis ce fut la campagne du double NON quand De Gaulle voulut instituer par référendum un Sénat économique attribuant aux syndicats un rôle de législateurs. Farouchement attaché au principe de l’indépendance édicté dans la Charte d’Amiens, Alexandre fut un fer de lance dans ce combat qui aboutit à la démission de De Gaulle.
Un combat perpétuel face aux tentatives permanentes d’intégration des syndicats à l’Etat, sous de formes variées, dont l’actuelle tenue d’« États généraux de l’Industrie » avec la complicité de certains appareils syndicaux.
Orateurs talentueux, applaudi par le congrès debout, Alexandre ne retrouvait pas forcément cette effusion des élections à la Commission exécutive confédérale.

Son terrain de prédilection était l’Union Départementale, creuset ou l’action interprofessionnelle forge la conscience de classe. Fonction que Ferdinand Pelloutier assignait, en son temps, aux Bourses du Travail.
Ce type d’organisation à liaisons horizontales et fédératives à trouvé son antipode parfait avec la construction d’une Union Européenne, à base de centralisme et de subsidiarités, destinée à détruire nos acquis sociaux et démocratiques. Alexandre dénonçait dans cette entreprise une résurgence du « Saint Empire Romain Germanique », concrétisant les principes de l’encyclique « Rerum Novarum ».

En 1982 il intervient devant 10 000 personnes réunies à Pantin par le comité d’Appel aux Laïques où il côtoie P. Lambert et M. Blondel. Jusqu’à épuisement de ses forces, il militera activement à l’Unedic.

Aux week-ends, loin des tribunes, Alexandre sillonnait en voiture les campagnes de Normandie, du Lyonnais, des Deux-sèvres... Pour y rencontrer des copains susceptibles de constituer des groupes de l’Union des « Anarcho-Syndicalistes » (UAS) autour du périodique l’Anarcho-Syndicaliste. Sa ferveur s’exprimait par une grande jovialité ? Il accordait du prix à l’amitié.
Allergique au grégarisme, il préférait les « pourceaux d’Epicure » aux « moutons de Panurge ».

Autodidacte, il citait la Boëtie et son discours sur la servitude volontaire. Il connaissait les oeuvres de Paul Léautaud, Benoît Méchain, Laurent Taillade, Lautréamont, Claude Tillier... Il récitait Gaston Couté. On enterra le poète de G. Bécaud dans « un champs où poussèrent des bleuets ». Dans le champ d’Alexandre pousseraient des chardons... à fleurs bleues.

Alexandre n’était pas « l’anti-communiste viscéral » que des esprits superficiels ont voulu y voir. Sinon, comment expliquer son amitié avec P. Lambert. Il était admiratif de l’anarchiste A. Lapeyre qui participa à la reconstruction d’un communisme libertaire en Aragon pendant la guerre d’Espagne. Il ne confondait pas communisme (tout le pouvoir au soviet) et stalinisme (dictature d’un parti).

- Anarchiste au sens où E. Reclus définissait l’anarchie comme une société où le « gouvernement des hommes » serait remplacé par« l’administration des choses », c’est-à-dire où le profit et la propriété privée des moyens de production seraient abolis, le remplacement d’une société capitaliste par une économie collectiviste à structures fédératives. « L’expression suprême de l’ordre » disait Reclus.

- Individualiste au sens où l’a développé Max Stirner, le contraire de l’égoïsme bourgeois. L’épanouissement de l’individu qui ne se concçoit que dans une société assurant l’épanouissement de tous les individus, répudiant l’asservissement à une unité mythique, une idéologie, une religion... « Je n’ai mis ma cause » en rien conclut Stirner.

- Anarcho-syndicaliste puisque « l’émancipation des travailleurs sera l’œuvre des travailleurs ». L’action collective est indispensable. La référence d’Alexandre était Ferdinand Pelloutier et les Bourses du travail organisées de façon fédératives, aujourd’hui le syndicalisme de masse indépendant « des partis, des églises et de l’état », ainsi que le stipule la Charte d’Amiens.

Communiste libertaire, individualiste, anarcho-syndicaliste : une trinité constituant un tout homogène. tel était Alexandre Hébert quelle que fut l’apparente complexité d’une forte personnalité parfois ombrageuse et coléreuse, dont certaines initiatives ont pu dérouter ses amis.

Alexandre est mort, son combat continue. Avec son fils Patrick, avec ses amis anarcho-syndicalistes et tous les éléments conscients de la classe ouvrière nous n’avons pas fini de cultiver ses chardons, dans un champ national et international.


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