Bulletin n°3 - Novembre 2010 - A.L.P.

jeudi 18 novembre 2010
par  LP25.
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Editorial

L’école républicaine, l’école de tous

Force nous est faite de constater que ceux qui ont la charge de gouverner la République n’hésitent pas aujourd’hui à dévoyer leurs fonctions pour dénaturer et menacer les institutions laïques dans leur existence même.
Cela s’exprime par les nombreuses attaques portées contre l’existence même des services publics, au premier rang desquels l’école publique laïque, de la maternelle à l’université. (1)
Cela s’exprime aussi dans l’objectif du président lui-même, de redonner une place dans la sphère publique aux religions en général et à la religion catholique en particulier.
Considéré comme proche des citoyens et attaché à un territoire, l’élu local constitue une figure singulière du personnel politique qui se doit de lutter contre la mise en péril du socle laïque de notre République : la loi de 1905 a été une loi d’apaisement et de compromis issue d’un rapport de force politique qu’il aurait fallu en permanence conforter. L’histoire et l’absence de vigilance d’une partie des laïques et des ré-publicains se sont chargées de nous rappeler cette évidence.
Le retour de « l’Alsace-Moselle » dans le giron de la République a marqué un affaiblissement de l’unité de l’espace public car le statut de cet espace géographique et politique est resté ce qu’il était, marqué par un concordat relevant aussi bien du statut antérieur à l’annexion que de spécificités allemandes dues à l’occupation… Un statut qu’aucun gouvernement n’a voulu abroger.
Le régime pétainiste lié à l’occupation allemande d’après 1940 a conduit à la promulgation de lois qui écornaient largement ce qu’avait décidé la loi antérieure, certaines, d’ailleurs, n’ayant pas été abolies à la libération et étant encore en vigueur ….
Les dernières décennies ont également été marquées par la promotion inacceptable d’une École privée confessionnelle à travers de multiples textes qui l’ont « institutionnalisée » Tout ceci a conduit à affaiblir le principe laïque qui organise et fait « fonctionner » notre société, et la riposte des « tenants de la laïcité » n’a pas été à la hauteur, surtout dans les dernières décennies .Pourtant « le besoin de laïcité » est encore plus grand aujourd’hui, dans une société qui se complexifie, dans « un paysage spirituel » extrêmement mouvant , diversifié et marqué , surtout, par le recul des religions. Quel paradoxe à voir tant de dangers autour d’une laïcité qui, parce qu’elle permet la concorde, l’équilibre, l’égalité, la liberté individuelle de croyance, la primauté de la loi commune, devrait s’imposer encore plus !
Mais c’est l’inverse qui se produit : trop d’élus de tous « bords politiques » considèrent aujourd’hui la religion comme un service public et dispensent allègrement la ressource publique dans des programmes de construction de lieux de culte et d’établissements confessionnels, quand ce n’est pas dans de multiples subventions à des structures religieuses « maquillées » en espaces culturels , moyen commode de détourner l’article 2 de la loi de 1905 … Stratégie des « petits pas » pour habituer les citoyens à la « non existence » du texte, attitudes permanentes dans la reconnaissance de religions que la République connaît sans leur donner la moindre prérogative civile…
Notre société subit, par le discours et les actes, une dé-rive communautariste à l’opposé de ce qu’est l’unité de notre espace public et sociétal. A ceci s’ajoutent les tenta-tives renouvelées de limiter la liberté d’expression, de confondre la liberté de conscience avec la simple liberté de culte et de tisser des liens privilégiés avec les cultes eux-mêmes.
Nous payons très cher et depuis trop longtemps l’abandon des principes laïques permettant la situation que nous connaissons aujourd’hui où s’affiche avec insolence la volonté de démanteler la loi de 1905.

La laïcité est menacée !
La République elle-même est en danger !
Il n’est plus possible de laisser faire !
Il est grand temps de réagir et de faire respecter les lois de notre république !

Restons fidèles au serment de Vincennes et continuons le combat laïque contre le financement public de l’enseignement privé.

« A l’école publique fonds publics, à l’école privée fonds privés ! »

Patrick CHAMBARD


(1) Note : Je défends l’école publique laïque par senti-ment de profonde gratitude parce qu’elle permet à nos enfants de poursuivre des études longues et de découvrir les lettres classiques, la littérature, la philosophie, les sciences, les mathématiques, puis de faire des études brillantes et de consacrer leur vie à la recherche intellectuel-le ou à l’enseignement.
Je la défends à cause de son équité et de sa neutralité, de la façon dont, quand elle a été mise en place, elle n’a rien renié de l’héritage de la culture française et européenne, y compris ce qui pouvait paraître le plus éloigné de l’esprit républicain, et a fait étudier Pascal ou Bossuet, plus tard Dostoïevski et Péguy, autant que Voltaire, Rousseau et Diderot.
Je la défends parce qu’elle a fait profondément confiance à l’intelligence et à la liberté de chacun, qu’elle n’a pas craint de donner aux élèves qui passaient entre ses mains des armes intellectuelles redoutables, en prenant le ris-que que plus tard ces élèves ne retournent ces armes contre elle ce qui n’a pas manqué d’arriver (mais rassurons-nous : l’école d’aujourd’hui ne prend plus de tels risques) et que cette école a produit des générations d’esprits libres, certains fidèles et d’autres rebelles.
Je la défends parce qu’elle crée un monde commun, celui de la raison, de la connaissance rationnelle, de la pensée réfléchie et du débat argumenté dans lequel moi pour qui la raison est un fondement je puis me retrouver et m’accorder de façon très profonde avec des personnes qui interprètent la raison autrement mais la respectent autant que moi, des personnes de toutes sensibilités, traditions et convictions, non seulement de France mais du monde entier. Tant qu’elle reste centrée sur les savoirs, l’école est l’institution républicaine par excellence et, en même temps, celle à laquelle je peux adhérer entière-ment et avec moi tant de personnes de tous les horizons.
Je la défends parce qu’elle oriente vers l’amour et la recherche de la vérité, ouvre à la beauté et éveille à la liberté.


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Principes fondamentaux

samedi 18 juin 2011

La Libre Pensée repose sur quatre principes fondamentaux que des générations de libres penseurs ont mis en œuvre.

- Elle est pour la laïcité institutionnelle, car elle refuse toute ingérence des religions dans la société civile et dans les institutions républicaines.
Elle agit pour le strict respect de la loi de séparation des Eglises et de l’Etat du 9 décembre 1905 qui est le produit de l’action des libres penseurs. En ce sens elle est anti cléricale.

- Elle est pour une totale liberté de penser, car elle considère les religions comme l’une des principales sources d’oppression et d’obscurantisme de l’Humanité.
Elle estime que l’Homme doit conquérir son bonheur de son vivant et non dans un pseudo paradis post mortem.
Elle réfute toute vérité révélée, récuse tous les dogmes.
En ce sens elle est anti religieuse.

- Elle est pacifiste, car elle refuse que les peuples se massacrent pour les intérêts qui ne sont pas les leurs. Se prononçant pour le désarmement unilatéral, elle est internationaliste, car elle place au-dessus de tous les intérêts des peuples. Antimilitariste, la Libre Pensée est membre des Forces libres de la paix.
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- Elle est sociale, car elle refuse toute exploitation économique qui, comme l’oppression politique et religieuse, ne vise qu’à assujettir l’individu au détriment de ses droits légitimes. Elle s’oppose au libéralisme économique et à son injustice sociale programmée. Elle milite pour l’émancipation totale de l’individu.

Congrès de Rome 1904 : « La Libre Pensée est laïque, démocratique et sociale, c’est-à-dire qu’elle rejette au nom de la dignité de la personne humaine ce triple joug : le pouvoir abusif d’une autorité religieuse, du privilège en matière politique et du capital en matière économique ».


Douter, chercher, comprendre.